Un casque entaillé par un coup de sabre, des médailles, un document d’anoblissement signé de la main de Napoléon, une montre, de l’argenterie : tous ces souvenirs proviennent de François Grouvel (1771-1836), général sous le Premier Empire.

Un ensemble aussi complet et varié de souvenirs d’un général d’Empire est un événement dans le marché des souvenirs historiques.
Les souvenirs du général François Grouvel (1771-1836) sont proposés aux enchères par la maison de ventes Ader Nordmann – Maîtres David Nordmann et Xavier Dominique le mercredi 19 décembre 2018 à Paris.

 

Jean-Claude Dey et Arnaud de Gouvion Saint Cyr, spécialistes en armes anciennes et souvenirs historiques soulignent l’intérêt decet ensemble qui offre un témoignage, à la fois historique et intimiste, d’un militaire qui œuvra pour la France de la Révolution jusqu’à la Monarchie de Juillet et principalement pendant le Premier Empire.

 

 

Un équipement militaire révélant sa bravoure et sa loyauté

 

L’ensemble présenté le 19 décembre permet de reconstituer une grande partie de l’équipement militaire de ce soldat émérite : son casque (estimation de 15 000 à 25 000 euros), ses médailles (de 150 euros à 3 000 euros ), son sabre (estimation de 6 000 à 8 000 euros)… « L’entaille à l’arrière du casque, due à un coup de sabre et les impacts de projectiles sur la bombe témoignent de la bravoure de ce chef militaire de haut rang, qui n’hésitait pas à aller au front combattre aux côtés de ses troupes. Nous percevons une personnalité attachante et loyale, qui servit la France avec le même dévouement sous l’Empire, comme le montre la lettre d’anoblissement signée de la main de l’Empereur(estimation 1 500 à 2 000 euros), comme sous la Restauration de Louis XVIII, dont le portrait en buste est représenté sur la miniature d’une de ses décorations(estimation de 200 à 300 euros) », livre l’expert Arnaud de Gouvion Saint Cyr.

 

 

L’histoire d’une vie racontée par ses souvenirs intimes

 

D’autres souvenirs, plus intimes, viennent compléter l’évocation de ce héros militaire : sa montre de gousset (estimation de 3 000 à 4 000) et son argenterie (estimation de 20 000 à 25 000 euros) achetée notamment en Espagne et à Strasbourg au cours de ses campagnes militaires… « Nous pouvons imaginer le quotidien de ce général, qui devait également organiser ses repas et trouver de la vaisselle dans les lieux où il combattait.», complète Arnaud de Gouvion Saint Cyr.

«Ce qui est passionnant dans notre métier de commissaire-priseur, c’est de raconter des histoires. Et celle du Général Grouvel est particulièrement émouvante, renchérit Maître Xavier Dominique. Il suffit de regarder le tableau représentant François de Grouvel, qui figure au programme de la vacation (estimation de 8 000 à 12 000 euros). le Général se trouve au premier plan coiffé du casque que nous présenteront à la vente. Les trois médailles figurant sur son uniforme, dont son étoile de chevalier de la Légion d’honneur, sont également proposées aux enchères.Il est touchant de pouvoir tenir entre ses mains les souvenirs peints sur le tableau…  »

 

 

Une élévation par les armes, caractéristique sous l’Empire

 

L’histoire de François Grouvel est celle d’un homme qui s’est élevé par les armes. «Issu d’un milieu plutôt modeste, il s’est engagé tout d’abord dans les dragons, la cavalerie française, pour s’élever ensuite progressivement comme officier, colonel puis comme général en 1813. Grouvel finira sa carrière comme lieutenant général, le plus haut grade de l’armée française, anobli par Napoléon 1er et honoré des titres de Grand officier de la Légion d’honneur et de Chevalier de l’ordre de Saint Louis. », précise Arnaud de Gouvion Saint Cyr avant d’ajouter que le parcours de François Grouvel, plutôt caractéristique pendant la Révolution et l’Empire, n’aurait jamais été possible sous l’Ancien-Régime où presque seuls les aristocrates peuvent devenir officiers.

 

 

La présence de Napoléon 1er

 

La personnalité de Napoléon est présente dans chacun de ces souvenirs : par le « N » figurant sur le casque de François Grouvel, par la signature « Napol » apposée en bas d’une lettre patente anoblissant le général… Les amateurs de souvenirs napoléoniens devraient ainsi être nombreux à s’intéresser à la vente. Selon l’expert en armes anciennes et souvenirs historiques : «le Consulat et l’Empire sont des périodes extrêmement recherchées par les collectionneurs. Cette époque chargée en événements historiques, de par notamment les conquêtes napoléoniennes, et en émotion parle à tout le monde. » Si certains biens de François Grouvel faisaient partie de l’exposition « Napoléon et la Légion d’honneur » organisée en 1968 au musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, à Paris, la réunion de tous ces souvenirs et leur mise aux enchères est un véritable événement dans le marché des souvenirs historiques.

 

 

3 souvenirs… parmi tant d’autres

 

Un tableau représentant François Grouvel en officier

Estimation de 8 000 à 12 000 euros

Cette huile sur toile de 74 par 94 centimètres représente François Grouvel en uniforme de colonel de son régiment de dragons, comme l’atteste ses deux épaulettes à grosses franges entièrement argentées. A l’arrière de la scène, le régiment est réuni, prêt à partir en campagne. Le casque dont il coiffé et les médailles qu’il porte figurent également au programme de la vente.

 

Le casque du Général portant les stigmates des combats

Estimation de 15 000 à 25 000 euros

Ce casque d’officier supérieur de dragons en cuivre doré présente une entaille à l’arrière du cimier qui proviendrait d’un coup de sabre reçu au combat en 1813. Grouvel se trouve alors en Espagne à la tête de 300 hommes de son régiment et doit se battre contre 1 500 hussards anglais, appuyés par 6 pièces d’artillerie légère. Il parvint, après de valeureux efforts, à dégager un escadron français de la bataille.

 

Une lettre d’anoblissement signée d’un certain « Napol »

Estimation de 1 500 à 2 000 euros

Ce brevet de chevalier de l’Empire au nom de François Grouvel, colonel en second du « 9e régiment provisoire de dragons » est signé « Napol »de la main l’Empereur Napoléon I er. Il est daté du 14 juin 1810 et fait au Palais de Saint Cloud.