Qu’est-ce qu’ARTCENTO ? Comment le projet est-il né ?

ARTCENTO est une agence de communication globale et de production de vidéos spécialisée dans l’art et les enchères. Le projet est né au 69, rue Sainte-Anne, à Paris, où Clothilde et moi collaborons avec des experts en tableaux anciens, au cabinet Turquin. A cette même adresse travaillent également des experts en dessin (Galerie de Bayser) et en sculpture (Sculpture & Collection) ; et les portes de chacun de ces spécialistes restent constamment ouvertes, pour confronter les avis et les savoirs. Nous sommes toutes les deux fascinées par cet univers, par les chefs-d’œuvre examinés dans ce haut lieu de l’expertise, qui attirent tous les acteurs du marché de l’art : commissaires-priseurs, conservateurs, collectionneurs… Nous avons souhaité partager notre émerveillement et permettre à tous de s’approcher au plus près des œuvres, pour découvrir leur histoire et leur signification. La vidéo nous est apparue comme le meilleur moyen de diffusion et de sensibilisation, pour enchanter de nouvelles générations d’amateurs éclairés.

 

Votre toute première vidéo a totalisé plus de 27 000 vues ! Comment expliquez-vous un tel succès ?

En 2016, le cabinet Turquin était en charge de l’expertise d’un tableau du Caravage montrant Judith tranchant la tête d’Holopherne, retrouvé par hasard par un commissaire-priseur de Toulouse. Cette découverte était jusqu’alors restée secrète. Mais le 25 mars 2016, le ministère de la culture décide de classer l’œuvre « Trésor national ». L’arrêté paraît au Journal Officiel, et là nous comprenons que l’information va se diffuser comme une traînée de poudre, compte tenu de l’importance de cet artiste dont nous ne connaissons que 75 tableaux à ce jour. Nous venions juste de présenter notre projet de vidéos aux experts du cabinet. Ils ont sauté sur l’occasion pour nous demander de réaliser au plus vite un film sur le tableau du Caravage, afin de maîtriser la communication sur cet événement. Ainsi notre toute première production a été diffusée sur les sites de Libération, de Paris Match, et sur les plus grands médias internationaux. Nous avons eu plus de 3.000 vues en quelques jours, et aujourd’hui 27 000 !

 

Comment sont arrivés les films suivants ?

Beaucoup de projets sont nés au cabinet Turquin, comme pour les tableaux d’Artémisia Gentileschi ou de Théodore Géricault. Il y eu aussi la toile de Hyacinthe Rigaud, pour laquelle le tournage a été totalement improvisé ! Nous terminions notre journée de travail lorsque nous avons aperçu l’un des experts du cabinet avec un coton tige à la main, en train de nettoyer ce grand tableau. A mesure que notre collègue frottait délicatement le bâtonnet sur la toile, toutes les subtilités de l’oeuvre réapparaissaient : les ombres des satins, les contrastes du velours, la finesse des dentelles… c’était magique ! Nous avons couru chercher notre matériel vidéo pour immortaliser la scène.

Mais nous avons rapidement ouvert nos collaborations à d’autres acteurs du marché de l’art et à de nouvelles disciplines : le dessin, la sculpture, les diamants… L’important pour nous est de donner la paroles aux professionnels, experts et commissaires-priseurs, qui nous livrent tous les secrets de l’œuvre. Pour un dessin de Léonard de Vinci, l’expert a pu nous montrer le principe de l’écriture spéculaire, si chère à l’artiste. Illisibles au premier regard, les annotations du maître se décryptent uniquement à travers un miroir disposé en face du texte. Et seule la vidéo pouvait rendre compte de l’aspect spectaculaire de cette forme d’écriture.

 

Vous faites également appel à d’autres intervenants, comme le chef cuisinier Bruno Verjus pour présenter « L’étal du poissonnier », une nature morte flamande du XVIIe ?
Nous avons eu cette idée avec la maison de ventes Artcurial qui présentait le tableau. Et c’est avec avec un plaisir non dissimulé que Bruno Verjus, chef du restaurant Table et chroniqueur sur France Culture, a élaboré une recette à partir des éléments de ce tableau, en  accordant la chair blanche et nacrée du turbot au noir absolu du caviar… Le résultat est savoureux, et respecte totalement l’intégrité du tableau. Rapprocher les disciplines, comme la gastronomie et la peinture, nous semble un bon moyen de rendre l’art encore plus accessible. C’est dans cette même dynamique que nous inséré un passage du film  « Camille Claudel », avec Isabelle Adjani, pour la présentation d’un ensemble de sculptures de l’artiste ; ou que nous avons choisi de mettre du jazz pour mettre en valeur des diamants d’exception, en clin d’oeil à la « Panthère Rose » de Blake Edwards !